Calogéro
Tien an men
Quand les yeux ont tout vu et tout subi
Que même les dieux ont perdu de leur magie
Quand les mots, ne vous répondent plus
On courbe le dos, un jour le bout de la rue
Vous mène là, à Tien an men, à pas baisser les bras
Seul face à soi même, on se voit faire le pas
De donner ses chaînes, parce qu’on a plus que ça
P’tet que Tien an men est plus près que ce qu’on croit
Que nos guerres quotidiennes, valent aussi la peine
Mais on ne les voit pas… Quand les gestes, fléchissent sous le plus fort
Qu’il ne vous reste plus qu’à se rendre d’accord
Quand plus rien, n’est à perdre ou à prendre, ou ne vous retient
Un jour la fin des méandres…
Vous mène là, à Tien an men, à pas baisser les bras
Seul face à soi même, on se voit faire le pas
De donner ses chaînes, parce qu’on a plus que ça
Peut-être que Tien an men, est plus près que ce qu’on croit
Que nos petits combats valent aussi la peine, mais on ne les voit pas
Parce qu’on a encore ça dans les veines, ou pas d’autres choix
Un jour le destin vous emmène… à Tien an men…

Juste un peu de silence
Tout sera comme tâché de larmes jusqu’au bout des armes
Tout n’est pas dit, à peine des cris, tirés de l’oubli
Le temps de dire, le temps de taire, le temps de faire
Juste reconnaissance, le temps d’entendre juste un peu de silence
Rien d’important, que l’essentiel, une mesure absente
Un rien laissé à la portée d’une vie impuissante
Le temps d’écrire, le temps d’entendre, le temps de faire
Juste reconnaissance, le temps d’entendre juste un peu de silence
Le visage plongé à terre, (Le visage plongé à terre)
Clore un instant ses paupières, pour chercher ce qui nous éclaire
Pendant ce temps, le temps s’enterre, le temps de faire
Juste reconnaissance, le temps d’entendre juste un peu de silence, (silence…)

A la gueule des noyés
Cravachée de lumière, la mer roule à la mort
Ses clameurs solitaires, sur les bouées du port
Un enfant joue dehors, le cœur dans les filets
A défier le sort, en jetant des galets, en jetant des galets
Bientôt il sera l’heure, il quittera l’enfance, tout en narguant sa peur
Il tentera sa chance, plus loin que l’horizon, là où l’ombre s’efface
Il doit couper les ponts, pour retrouver les traces, pour retrouver sa trace
Il sait que l’aube est infidèle, et son destin, comme cette houle
Qui ne déploie jamais ses ailes, il sait, que rien n’est plus cruel
Que le silence, que la mer roule, comme une caresse ou un appel
Il sait…
Alors il partira, comme est parti ce frère, dont il parlait tout bas
Le soir dans ses prières, personne ici ne pleure l’absence d’un bateau
Chacun a sa douleur, qu’il garde bien au chaud, qu’il garde bien au chaud
Il sait que l’aube est infidèle, et son destin, comme cette houle
Qui ne déploie jamais ses ailes, il sait, que rien n’est plus cruel
Que le silence, que la mer roule, comme une caresse ou un appel
Il sait…
Le cortège est passé, il ne l’a pas suivi, il ne va plus prier
Il sait qu’il a grandi, alors les dents serrées
Il jette ses galets, à la gueule des noyés
Pour voir la mer pleurer, pour voir la mer pleurer
Il jette ses galets, à la gueule des noyés
Pour voir la mer pleurer…